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Manifeste de Vanities Gallery



Vanities Gallery s’inscrit dans une conception exigeante et critique du travail de galerie, à distance de toute logique spéculative ou opportuniste. Si son nom peut, dans le contexte anglo-saxon, évoquer l’expression « vanity gallery », désignant des structures fonctionnant sur un principe de paiement pour exposer, cette acception ne correspond en rien à la réalité de son modèle. La galerie ne repose ni sur une économie de location d’espace ni sur une délégation de risque aux artistes, mais sur un processus rigoureux de sélection, d’accompagnement et de production.



Vanité à la plume d'oie  - 1628 - par Pieter Claesz - Metropolitan of Art
Vanité à la plume d'oie - 1628 - par Pieter Claesz - Metropolitan of Art

Le choix du pluriel — Vanities — renvoie explicitement à la tradition iconographique des vanités dans l’histoire de l’art européen. Ces natures mortes méditatives, marquées par la présence du crâne, du sablier ou de la bougie, ne relèvent pas d’un motif décoratif, mais d’une réflexion philosophique sur la finitude, la précarité de l’existence et la relativité des valeurs matérielles. Cette référence structure l’identité symbolique de la galerie, dont le logotype reprend la figure de la tête de mort comme signe de lucidité plutôt que de provocation.



La Madeleine aux deux flammes - 1650 - Georges de la Tour
La Madeleine aux deux flammes - 1650 - Georges de la Tour

Ce positionnement engage une lecture existentielle de la pratique artistique : créer, exposer et transmettre relèvent d’un rapport conscient au temps, à la disparition et à la mémoire. Loin d’une célébration du marché, Vanities Gallery affirme une attention à la durée, à la recherche et à la complexité des œuvres. L’activité curatoriale y est pensée comme un travail critique, inscrit dans l’histoire des formes et des idées.


La vanité au portrait - 1651 - David Bailly - Stedelijk Museum de Lakenhal, Leyde
La vanité au portrait - 1651 - David Bailly - Stedelijk Museum de Lakenhal, Leyde

La programmation privilégie ainsi des artistes dont les démarches témoignent d’une nécessité conceptuelle et matérielle, plutôt que d’une conformité aux tendances immédiates. Chaque exposition fait l’objet d’un accompagnement éditorial, d’un travail de contextualisation et d’une stratégie de diffusion internationale, impliquant temps, investissement et prise de risque. Ce modèle suppose une économie lente, fondée sur la construction de trajectoires plutôt que sur la rentabilité rapide.


Nature morte - 1665 - Johanna de Cordua - collection de John Hoogsteder
Nature morte - 1665 - Johanna de Cordua - collection de John Hoogsteder

La galerie revendique dès lors une posture de médiation intellectuelle autant que commerciale. Le rôle du galeriste y est compris comme celui d’un interlocuteur critique, d’un producteur de sens et d’un partenaire engagé auprès des artistes, des institutions et des publics. Cette responsabilité implique un refus explicite des pratiques transactionnelles qui réduiraient l’exposition à une simple prestation de service.


Vanité - 1887 - Vincent van Gogh - Musée van Gogh
Vanité - 1887 - Vincent van Gogh - Musée van Gogh

Dans cette perspective, Vanities Gallery défend une éthique professionnelle fondée sur la sélection, la recherche, la production et la transmission. Elle conçoit l’exposition comme un espace de pensée, et non comme une vitrine marchande. Son identité se construit dans la durée, par la cohérence de ses choix, la qualité de son accompagnement et l’exigence intellectuelle de son programme.



La vie et la mort - circa 1910 - Gustav Klimt - Musée Léopold
La vie et la mort - circa 1910 - Gustav Klimt - Musée Léopold

Plus qu’un nom, Vanities constitue ainsi une position : celle d’un engagement critique envers l’histoire de l’art, la matérialité des œuvres et la condition humaine qu’elles interrogent.


Nous pourrions terminer notre Manifeste par l'oeuvre For the Love of God  datée de 2007 de l’artiste Damien Hirst qui résume notre pensée, il l'a explicité en ces termes : « The skull is the ultimate memento mori. It’s the one thing we all share. »


L'équipe curatoriale de Vanities Gallery



 

For the love of God - Damien Hirst - 2007 - White Cube
For the love of God - Damien Hirst - 2007 - White Cube

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